CHAPITRE 2
COMMENT DOIT-ON INTERPRETER LES PROPHECIES DE BENEDICTION ENVERS ISRAEL DANS L'ANCIEN TESTAMENT?
L'objectif principal de ce chapitre est de montrer clairement la vérité importante que dans les Écritures, le contraste n'est pas entre le spirituel et le littéral, mais plutôt entre le spirituel et le naturel; car il est tout-à-fait possible qu'un passage des Écritures, pris « littéralement, » puisse se référer aussi bien à « ce qui est naturel » qu'à « ce qui est spirituel. » Autrement dit, l'interprétation littérale peut faire appel soit à quelque chose qui existe dans le domaine de la nature, soit à la contrepartie de cette chose, existant dans le domaine des réalités spirituelles (1 Cor. 15:46). Il est de la plus grande importance que nous comprenions cela; car les défenseurs du dispensationalisme moderne ont semé la confusion, et ont réussi à donner une apparence de plausibilité à un grand nombre d'interprétations erronées des Écritures, tout d'abord en supposant (à tort, comme nous allons le montrer) qu'une interprétation « littérale » fait nécessairement appel à quelque chose de matériel ou de naturel, et ensuite, en insistant avec ardeur que toutes les prophéties qui se réfèrent à Israël, Jérusalem, Sion, etc., devraient être interprétées « littéralement. » Il n'est pas difficile de démontrer que ce principe d'interprétation n'est pas fiable, qu'il se base sur des suppositions erronées, et que son emploi a embrouillé le sens d'un grand nombre de prophéties.
Par exemple, ces commentateurs qui pensent que la Bible nous enjoint d'attendre ci-après un millénaire de bonheur terrestre, un âge d'or de paix et de prospérité dans le monde entier, durant lequel la nation juive serait reconstituée, et aurait une place de proéminence sur un monde occupé par des Gentils paisibles craignant Dieu, basent cette attente sur certaines prophéties de l'Ancien Testament qui doivent, pensent-ils, être accomplies « littéralement »; et comme il serait impossible qu'elles s'accomplissent de cette manière durant cette époque de l'Évangile, il doit nécessairement venir un âge d'un caractère entièrement différent de ce temps de salut évangélique.
Cependant, cet argument est totalement erroné, car il se base sur une fausse supposition. Ceux qui l'emploient présupposent que pour qu'une prophéties soit interprétée littéralement, son accomplissement doit se situer dans le cadre du naturel, et non pas dans le cadre du spirituel et de l'éternel. Ainsi, ils supposent que l'interprétation littérale d'une prophétie est en contraste avec son interprétation « spirituelle » ; et ils dénoncent et répudient ce qu'ils appellent avec dédain la « spiritualisation » des prophéties.
Bien entendu, notre penchant naturel est en faveur de l'interprétation dite « littérale » des prophéties en question; car pour l'homme naturel, les choses qui sont visibles sont les choses réelles; et nous sommes disposés à tenir ardemment à cette position, malgré l'enseignement explicite du Nouveau Testament, que les choses visibles ne sont que les ombres passagères de choses invisibles, ces dernières étant les réalités spirituelles et éternelles que les promesses de bénédiction à venir concernaient principalement. Car les Écritures du Nouveau Testament déclarent, en termes très clairs, que « la semence d'Abraham, » à qui appartiennent « toutes les promesses de Dieu, » ce sont ceux qui croient à l'évangile de Jésus Christ (Gal. 3:7, 29; 2 Cor. 1:20). De plus, dans le Nouveau Testament, il est clairement révélé que, tout comme « Abraham eut deux fils » (ce qui pourrait amener à se demander, si ce sont les descendants d'Ishmaël ou d'Isaac qui devaient hériter des promesses) de même il existe un « Israël », « Sion », « Jérusalem » naturels, et aussi une contrepartie spirituelle de chacune de ces choses; et que tout comme Ishmaël a précédé chronologiquement le véritable héritier (bien qu'il devait finalement être « chassé », et ne pas être « héritier avec le fils de la femme libre ») , de même les Israël, Sion, et Jérusalem naturels ont précédé les réalités spirituelles respectives auxquelles ces nom appartiennent en propre. Car l'ordre invariable par lequel Dieu procède, dans la mise-en-?uvre de Ses desseins éternels, c'est en « premier [...] ce qui est naturel, et ensuite ce qui est spirituel » (1 Cor. 15:46).
Si, donc, une prophétie de bénédiction dans l'Ancien Testament, appartenant au véritable Israël (la « nation sainte » de 1 Pierre 2:9), est prise comme s'appliquant à « Israël selon la chair, » cette interprétation n'est pas littérale (c'est-à-dire, selon la lettre) si ce n'est en ce sens que « la lettre tue, mais l'esprit vivifie » (2 Cor. 3:6); car il est clair que dans pareil cas, l'interprétation « littérale » détruit totalement la prophétie.
Et il est à noter que, dans le passage duquel ce verset est tiré, Paul expliquait les grandes différences qui existent entre l'Ancienne Alliance (qui était selon la lettre) et la Nouvelle Alliance (qui est selon l'Esprit); et, d'autre-part, il compare le ministère de Moïse, qui avait trait aux choses visibles (un sanctuaire terrestre, ainsi que ses ustensiles de service, les sacrifices animaux, etc.), au ministère de lui-même et d'autres que Dieu avait établis « ministres capables du nouveau testament, non de la lettre, mais de l'esprit. » Aussi, il faut noter que l'apôtre parle de l'Ancienne Alliance (sous laquelle ont été faites des promesses envers l'Israël naturel) comme « ce qui devait prendre fin »; tandis que la Nouvelle Alliance est « ce qui subsiste, » c'est-à-dire, qui demeure éternellement (v. 11).
Cette seule Écriture suffit pour montrer clairement (et la même vérité est exposée en de plus amples détails dans Gal. 4:21-31 et Hébreux chapitres 8 à 10) que toutes les promesses de gloire et de bénédiction pour Israël et Sion doivent nécessairement concerner l'Israël véritable et le mont Sion céleste. Et, dans ce passage-même, on nous enjoint de ne pas regarder « aux choses qui se voient, mais aux choses qui ne se voient pas » (4:18); laquelle injonction, pourtant, est habituellement négligée dans l'interprétation des prophéties, traitant justement de ces mêmes sujets.
Nous demandons au lecteur de noter tout particulièrement que dans le passage cité ci-dessus, l'apôtre parle de l'Ancienne Alliance comme « ce qui devait prendre fin » (v. 11), « ce qui est aboli » (v. 13). Cela montre que l'Ancienne Alliance, sous laquelle la nation d'Israël terrestre avait été constituée, était déjà, à l'époque de Paul, une chose du passé.
Il est donc évident, que la difficulté que nous avons à comprendre les prophéties du type mentionné ci-dessus est dû à notre manque de foi, et de perception spirituelle. Car, vis-à-vis des choses qui sont invisibles, la foi prend la place de la vue; car la foi concerne exclusivement les choses qui ne sont pas visibles à l'?il naturel; et l'espérance de même, car l'espérance que l'on voit n'est plus l'espérance » (Rom. 8:24). C'est pourquoi il est écrit que, « la foi est la substance des choses qu'on espère, l'évidence des choses qu'on ne voit pas »; et « par la foi, nous comprenons » (Héb. 11:1, 3).
Ainsi, pour comprendre les prophéties, il est d'une importance capitale que nous croyions les révélations du Nouveau Testament; que nous acceptions comme « littéralement » vrai qu'il y a maintenant, à ce moment présent, un domaine de réalités spirituelles, dans lequel notre Seigneur ressuscité est véritablement entré, et nous en Lui; que « la substance des choses qu'on espère » et la-haut et non ici-bas; et surtout, que les desseins de Dieu concernant Sa Cité, Son Temple et Son Peuple sont en cours d'accomplissement actuellement, dans ce domaine spirituel, bien que l'?il naturel ne voit pas ce qui s'y passe.
L'auteur de ces lignes peut témoigner de son expérience, qu'en croyant simplement que ce est écrit dans le Nouveau Testament au sujet de l'existence présente et réelle, parmi les choses qui ne se voient pas, du véritable Sion, de la cité du Dieu vivant la Jérusalem céleste, de la nation sainte qui est une prêtrise royale, et des autres réalités spirituelles, les principales difficultés pour comprendre les prophéties de l'Ancien Testament qui parlent d'un état glorifié des choses mentionnées ci-dessus, disparaissent.
UNE ILLUSTRATION TIREE DE ZACHARIE
Zacharie est l'un des livres qui est fréquemment cité comme contenant des prophéties qui attendraient encore un accomplissement « littérale » dans une dispensation future.
Zacharie, comme Aggée, a prophétisé durant la reconstruction de Jérusalem et du temple, après le retour de Babylone de quelques-uns des Israélites captifs; auquel temps « les anciens de juifs construisirent et prospérèrent durant les prophéties d'Aggée le prophète, et de Zacharie le fils de Iddo » (Esdras 6:14). Mais, comme tous s'accordent à penser, le prophète regarde au-delà de ce que ceux hommes construisaient, à un temple et une ville qui devaient être bien plus glorieux. Il écrit la parole du Seigneur concernant Sion: « car voici, je viens, et je demeurerai au milieu de toi, dit le Seigneur. Et beaucoup de nations se joindront au Seigneur en ce jour-là, et deviendront mon peuple; et je demeurerai au milieu de toi » (2:10, 11). Et le prophète continue en parlant d'un prêtre, Joshua, qui était, initialement, vêtu de vêtements sales, mais a qui il fut dit, « Voici, j'ai fait passer sur toi ton iniquité, et je te revêts de vêtements de rechange » (3:3, 4). Ce Joshua et ses compagnons devaient être « des hommes qui font des prodiges: car, voici, je vais faire venir mon serviteur, la Branche. Car voici, quant à la pierre que j'ai mise devant Joshua » (v. 8, 9).
Il n'y a aucune difficulté à reconnaître dans ce passage une prophétie de la venue de Christ comme la Branche de l'Éternel, et comme la Pierre Angulaire du vrai Temple de Dieu; car Pierre (citant une prophétie similaire d'Esaie) écrit à ceux qui ont été « rachetés [...] avec le précieux sang de Christ » en ces termes:
« C'est pourquoi aussi, il est contenu dans l'Écriture, Voici, je place en Sion une maîtresse pierre angulaire, élue, précieuse »; et il venait de dire au verset précédent, « Vous aussi, comme des pierres vives, êtes édifiés une maison spirituelle, une sainte prêtrise » -- typéifié par le changement de vêtements de Joshua --- « afin d'offrir des sacrifices spirituels » (1 Pierre 2:5,6). Ainsi, par l'interprétation de Pierre de cette prophétie, nous comprenons clairement qu'elle parle de choses « spirituelles », et qu'elle est actuellement en train d'être accomplie dans le domaine spirituel.
Nos efforts de compréhension vis-à-vis de cette catégorie de prophéties seront grandement facilités si nous prêtons l'attention qui se doit aux faits qui sont affirmés dans la citation de Pierre ci-dessus (et qui le sont également dans Hébreux 12:22-24, ainsi que dans l'Épître aux Éphésiens, comme nous le montrerons ci-après) que la « maison spirituelle » de Dieu est actuellement en cours d'érection, qu'elle se construit « en Sion », et que les croyants en Jésus Christ en sont les « pierres vives », et sont aussi une « prêtrise royale. »
Zacharie fait à nouveau référence (6:12-15) à « l'homme dont le nom est La BRANCHE, » and qui « bâtira le temple du Seigneur »; et il dit de Lui qu'Il « portera la gloire, et s'assiéra et régnera sur son trône. » Nul ne contestera, à la lumière des Écritures du Nouveau Testament, que cette prophétie est en train d'être réalisée actuellement (Héb. 2:9; 8:1, etc.). Et le prophète continue en disant que des couronnes seront aussi données à certains hommes, qu'il nomme, et que « ceux qui sont éloignés » (une désignation scripturaire des Gentils, voir Actes 2:39 et Éph. 2:13), « viendront et bâtiront dans le temple du Seigneur. »
D'autre part, dans Zacharie 9:9 nous avons le passage bien connu: « Réjouis-toi grandement ô fille de Sion [...] voici, ton Roi vient à toi »; et nous savons de manière certaine, de par Luc 19:38, que cette prophétie a été accomplie quand Christ est entré dans Jérusalem pour mourir pour notre salut.
Dans Zacharie 13:7-9 la mort rédemptrice de Christ est prédite en ces mots, « Réveille-toi, ô épée, contre mon pasteur, contre l'homme qui est mon compagnon, dit le Seigneur des armées; frappe le pasteur, et les brebis seront dispersées. » (Voir Matt. 26:31). Et ce qui devait suivre vis-à-vis du peuple juif est décrit comme suit: « Et il arrivera dans tout le pays, dit le Seigneur, que deux parts y seront retranchées et mourront, mais la troisième y restera. » Et, conformément à cela, les deux grandes parties, les Pharisiens et les Saducéens, ont été « retranchés »; mais une troisième partie, les disciples de Christ, ont été laissés. Et quand à ceux-là, la prophétie continue en disant: « Je ferai passer cette troisième part par le feu, et je les affinerai comme on affine l'argent » (Voir 1 Pierre 1:6 et 4:12); « ils appelleront mon nom, et je les entendrai; je dirai: C'est mon peuple; et ils diront: Le Seigneur est mon Dieu » (Voir Romains 11:1,2).
De plus, l'apôtre Paul déclare la même vérité que Pierre concernant l'édification du vrai temple de Dieu au temps présent. Il explique que ceux qui croient en Jésus Christ sont maintenant même « vivifiés ensemble avec Christ, [...] et ressuscités ensemble, et fait asseoir ensemble [c-à-d, sur des trônes] dans les lieux célestes [Sion], en Christ Jésus » (Éph. 2:5,6); ce qui déclare clairement que nous vivons et régnons avec Christ maintenant-même. L'?il naturel, certes, ne le voit pas, et nous n'en sommes pas conscients dans notre expérience. Néanmoins, c'est vrai, et cette vérité est développée au chapitre 20 de cet ouvrage.
Et d'autre part, dans le contexte immédiat, Paul révèle aussi la vérité corollaire, comme Pierre, à savoir que les saints de cette époque, aussi bien gentils que juifs, sont « édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes, Jésus Christ Lui-même étant la pierre maîtresse du coin, en qui tout l'édifice, bien assemblé ensemble, grandit en un temple saint dans le Seigneur » (v 20, 21).
L'expression « en ce jour-là » apparaît environ vingt fois dans le livre de Zacharie; et, comme l'a fait remarquer un commentateur judicieux, « C'est un synonyme de la grande espérance Messianique. » Nous avons noté la première utilisation de cette expression, « Et beaucoup de nations se joindront au Seigneur en se jour-là » (2:11). Ce qui était, à l'époque, « ce jour-là », est ce jour-ci maintenant, car « maintenant est le jour du salut »; et « tous les prophètes depuis Samuel [...] tous ceux qui ont parlé, ont de même prophétisé de ces jours » (Actes 3:24). Et donc, quand Zacharie dit (13:1) « En ce jour-là, il y aura une fontaine ouverte à la maison de David et aux habitants de Jérusalem, pour le péché et pour la souillure, » nous devons comprendre clairement qu'il prédit la croix de Christ; comme on le voit très explicitement dans le verset 7, « Réveille-toi, ô épée, contre mon pasteur, contre l'homme qui est mon compagnon, dit le Seigneur des armées; frappe le pasteur, et les brebis seront dispersées. » Nous donneront davantage de considération aux prophéties de Zacharie au chapitre 10, La Nouvelle Alliance.
Nous avons cependant suffisamment dit pour qu'il soit évident que les prophéties de Zacharie auxquelles nous avons fait référence ci-dessus, et ainsi de même, d'autres prophéties du même genre, ont trait de choses spirituelles, et trouvent leur accomplissement dans notre ère actuelle de grâce.
Mais il serait profitable de poursuivre un peu plus le sujet de la construction du vrai temple de Dieu. Rappelons-nous, que lors de la première visite de notre Seigneur à Jérusalem, quand il avait fait sortir les marchants du temple qu'Hérode avait construit et qui était l'une des merveilles du monde; et quand les observateurs exigèrent de Lui un signe pour prouver qu'Il avait l'autorité de faire ces choses, Il leur dit, « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai » (Jean 2:19). Les juifs comprirent cette parole « littéralement »; c'est-à-dire, qu'ils pensaient qu'elle concernait ce bâtiment de pierre matérielles, érigé sur le Mont Moriah; et si le récit s'était arrêté là, certains auraient sûrement insisté de nos jours que ce grand édifice, qui a été, entre temps, détruit de manière si totale qu'il ne reste pas une pierre sur une autre, devrait être miraculeusement rétablit dans le millénaire à venir. Mais, afin que nous ne ne égarions pas, et aussi afin que nous ayons une clé pour l'interprétation de paroles prophétiques de la sorte, l'Esprit a poussé Jean à ajouter la note explicative: « Mais il parlait du Temple de Son Corps. »
Ceci n'est qu'une parmi les nombreuses indications dont les Écritures sont parsemées, qui montrent que les promesses et les desseins de Dieu doivent être accomplis dans la résurrection; c'est-à-dire, dans la nouvelle création.
Encore une fois, lors d'un nouveau passage à Jérusalem, au moment de l'une des fêtes, « Le dernier jour, qui est le grand jour de la fête, Jésus se trouvait là, et criait, disant, Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive Celui qui croit en moi, comme a dit l'écriture, de son ventre couleront des fleuves d'eau vive » (Jean 7:37,38). On peut bien se demander ce que ce serait devenue cette parole aux mains de ceux qui insistent sur l'interprétation « littérale », si le texte n'avait pas clarifié lui-même le sens; et nous pouvons donc être reconnaissants pour l'ajout des mots, « Or, il disait cela de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui: car l'Esprit Saint n'avait pas encore été donné; parce que Jésus n'était pas encore glorifié. » Ces mots écartent toute incertitude du sens de l'expression « eau vive, » telle qu'elle est employée, par exemple, dans Zacharie 14:8, « Et il adviendra qu'en ce jour-là, des eaux vives sortiront de Jérusalem, la moitié vers la mer de devant (ou la mer de l'est) [la mer Caspienne], et l'autre moitié vers la mer de derrière » [la mer Méditerranée] - autrement dit, aussi bien vers l'est que vers l'ouest -- « et ce sera en été comme en hiver » -- c'est-à-dire, tout au long de l'année.
A la lumière de l'explication de Jean, nous comprenons donc, que notre Seigneur prédisait, non pas quelque extraordinaire phénomène physique, qui devait arriver dans un distant âge millénaire, mais la venue de l'ère du Saint Esprit, quand il devait y avoir un déversement de l'évangile, « avec le Saint Esprit envoyé du ciel » (1 Pierre 1:12), vers l'est et vers l'ouest, depuis Jérusalem. Ainsi, le lieu d'où (Jérusalem) et le moment quand (« en ce jour-là ») ces eaux vives devaient commencer à couler vers le monde entier, aussi bien en été qu'en hiver, sont clairement prédits dans la prophétie de Zacharie. De plus amples explications des prophéties concernant l'écoulement des eaux vives depuis de Temple à Jérusalem seront données plus loin (au Chapitre 13), en relation avec la discussion du temple d'Ezekiel et de la question, Où l'Esprit est-il descendu à la Pentecôte?
Et notons encore une fois que ces explications nous donnent le principe général par lequel toutes les prophéties de ce même genre devraient être interprétées. Elles sont en pleine harmonie avec toutes les autres indications contenues dans les Écritures; ce qui rend abondamment clair que toutes les prophéties de gloire et de bénédiction à venir pour Israël, Sion, et Jérusalem, ont trait à cette « nation sainte » (1 Pierre 1:9), à « l'Israël de Dieu » (Galates 6:16), et à ce céleste « Mont Sion, » et à « la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, » à laquelle, déjà, nous « [sommes] venus » (Héb. 12:22).
C'est pourquoi, en vue de cela ainsi que d'autres arguments présentés plus loin dans cet ouvrage, l'auteur arrive à la conclusion que nous devons chercher l'accomplissement des prophéties en question - non pas dans un autre âge à venir - mais dans une autre localité; à savoir, dans ce domaine spirituel, que Paul nomme « les lieux célestes »; où notre Seigneur est allé nous préparer une place, où le vrai temple de Dieu est actuellement en cours de construction, et où existe déjà « la Jérusalem qui est d'en-haut, [qui] est la mère de nous tous » (Gal. 4:26).
L'idée d'une « dispensation » future pour l'accomplissement des prophéties sur la terre, abonde de difficultés, et de plus, elle contredit de nombreux passages des Écritures; tandis que l'idée d'une autre localité, un domaine spirituel et céleste où ces prophéties sont en cours d'accomplissement maintenant, et dégagée de toute difficulté, et elle a d'autre part de son côté, un grand nombre d'Écritures du Nouveau Testament.
Il est suffisamment dit dans les Écritures pour montrer que ce domaine des choses invisibles est une réalité présente, et une région d'une très grande activité; que les « principautés et les pouvoirs » dans ces lieux célestes sont nombreux et puissants - anges, démons, esprits bons et méchants - et donc, nous devons en déduire qu'il se tient là des événement d'importance et d'impact capitaux. Par exemple, nous lisons: « Il y eut la guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattaient contre le dragon; et le dragon combattait avec ses anges » (Apo. 12:7). Aussi, que « nous ne luttons pas contre la chair et le sang, mais contre les principautés, contre les puissances, contre les dirigeants des ténèbres de ce monde, contre la malice spirituelle dans les lieux célestes » (Eph. 6:12).
A ce sujet, nous ferions bien de nous rappeler que le titre du dernier livre de la Bible, « L'Apocalypse, » signifie le dévoilement; c'est-à-dire, l'enlèvement du voile qui sépare normalement le domaine des choses spirituel de celui des choses naturelles. Ce titre indique que les visions décrites dans le livre de « Révélation » dévoilent des choses et des événements dans le domaine spirituel, dont, sans ce dévoilement, nous serions totalement ignorants. Et quand nous en venons au Chapitre 20, où se trouve la seule référence biblique au « Millénium » -- les « mille ans » -- le langage de l'auteur inspiré montre clairement que les événements de ce millénaire font partie de l'histoire du monde de l'Esprit. C'est ce que nous montrerons dans le dernier chapitre de cet ouvrage. Il s'en suit qu'il est totalement vain de s'efforcer à trouver une place pour ces événements dans l'histoire du monde physique, que ce soit avant, ou après la deuxième venue.
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Traduit et mis en ligne par l'équipe Eglise de Maison.com Nous aimerions lire vos commentaires : cliquez ici