par Watchman Nee
Dans le chapitre trois Jean le Baptiseur a déclaré le royaume des cieux, dans le chapitre quatre le Seigneur a proclamé le royaume des cieux, et dans le chapitre cinq le Seigneur a parlé des choses concernant la loi et le principe du royaume des cieux.
Cette partie (Matthieu 5 à 7) est-elle adressée aux chrétiens ?
Tout d'abord, dans la mesure où le terme "disciples" est utilisé ici, ce passage est bien adressé aux chrétiens :
(1) Dans les versets 1 et 2, même s'il y avait des foules, seuls les disciples sont montés dans la montagne avec le Seigneur. Le Seigneur ne considérait pas que toute la foule était des disciples. Cela veut dire que les disciples étaient des chrétiens.
(2) Certains disent que les disciples mentionnés dans le verset 1 étaient les disciples juifs. Cependant, ce n'est pas ce que dit la Bible. En plus, le Seigneur dit, "Il vous est donné de connaitre les mystères du royaume des cieux" (Matth. 13:11). A cela nous voyons que cette parole n'est pas adressée aux juifs. Dans Matthieu 28:13, le Seigneur a enjoint Ses disciples d'"enseigner toutes les nations", c'est à dire de faire des Gentils les disciples du Seigneur. Le concept de "disciples Gentils" est un non-sens. En lisant Actes 11:26 nous apprenons que les termes "disciples" et "chrétiens" sont équivalents. Depuis Matthieu jusqu'à Actes, tous ceux qui croyaient au Seigneur, qu'ils soient Juifs ou Gentils sont appelés "disciples."
Deuxièmement, lorsqu'on considere la parole du Seigneur, ce passage s'adresse aux chrétiens :
(1) Dans son injonction dans Matthieu 28:19-20, le Seigneur a dit : "les enseignant de garder tout ce que je vous ai commandé." De tous les commandements présents dans l'évangile, aucun ne surpasse ceux qui sont présents dans Matthieu 5 à 7. Nous pouvons dire que Matthieu 5 à 7 est le centre de tous les commandements du Seigneur, et que cette section contient les commandements les plus importants du Seigneur. C'est pourquoi ce passage est adressé aux chrétiens, et il devrait être respecté par les chrétiens.
(2) Jean 14:26 nous montre que l'oeuvre du Saint-Esprit est de rappeler aux disciples toutes les choses que le Seigneur Jésus a dites pendant qu'il était sur la terre. L'oeuvre la plus importante du Saint-Esprit est de nous ramener sans cesse à la parole du Seigneur.
(3) Qu'a dit Paul concernant la parole du Seigneur? Dans Colossiens 3:16, il a dit que c'était "la parole de Christ." Il n'a pas dit "la parole de Dieu" parce que la parole de Dieu se réfère à l'ensemble de la Bible. Il nous parle ici spécifiquement de "la parole de Christ." Paul a écrit Colossiens en prison, après que le mystère de l'Eglise lui a été révélé.
Troisièmement, en ce qui concerne son contenu, ce passage est adressé aux chrétiens :
(1) Dans Matthieu 5 à 7, lorsque nous lisons des termes tels que "vous avez entendu qu'il a été dit aux anciens" et "mais moi je vous dis", nous savons que ce passage ne concerne pas la loi de l'Ancien Testament. Les chrétiens ne sont pas sous la loi. Toutefois, ils ne sont pas sans loi. Plutôt, ils sont sous la loi de Christ.
(2) Dans Matthieu 5 à 7, les expressions telles que "Père qui est aux cieux" et "frère" figurent souvent. Cela nous montre que ce passage ne se réfère pas à l'Ancien Testament. Il est plutôt en relation avec un groupe de personnes qui possèdent la vie de Dieu.
(3) Nous pouvons trouver beaucoup d'enseignements dans les épitres qui sont semblables à ceux de Matthieu 5 à 7. Par exemple, Romains 12 contient un certain nombre d'enseignements qui se rapprochent de ceux contenus dans ce passage.
(4) Si Matthieu 5 à 7 contient la loi du royaume messianique, comment peut-il y avoir "l'injuste", le "méchant", le "voleur", et "l'adultère" dans ce royaume ?
Les versets 3 à 9 nous parlent de neuf bénédictions :
Verset 3 : "Bienheureux sont les pauvres en esprit : car le royaume des cieux est à eux." Pour que quelqu'un soit pauvre en esprit, il doit être sans richesses. "Le royaume des cieux est à eux" - cela ne nous permet pas de définir le royaume des cieux, toutefois, nous pouvons dire qu'il s'agit d'une récompense, et même plus qu'une récompense.
Verset 4 : "Bienheureux sont ceux qui pleurent : car ils seront consolés." "Pleurent" nous indique que Dieu veut que nous soyons pessimistes à l'égard du monde, et que nous réagissions de façon négative vis à vis de celui-ci, car le monde ne s'améliorera jamais (Luc 17:26-29).
Verset 5 : "Bienheureux sont les débonnaires, car ils hériteront la terre." être débonnaire, c'est ne jamais résister et endurer toutes choses. De telles personnes perdront les choses du monde aujourd'hui, c'est pourquoi ils hériteront la terre dans l'avenir.
Verset 6 : "Bienheureux sont ceux qui sont affamés et altérés de la justice : car ils seront rassasiés." "La justice" se réfère en particulier à notre propre justice dans notre comportement. Par exemple, profiter des autres, c'est user d'injustice. Il n'est pas dit "Bienheureux les justes", car il est très difficile d'être juste. Au lieu de cela il est dit "qui sont affamés et altérés de la justice." Il s'agit de chercher la justice tel une personne qui a faim et soif. Une telle personne sera rassasiée.
Verset 7 : "Bienheureux sont les miséricordieux : car miséricorde leur est faite." Le verset précédent nous parle de justice. être juste, c'est donner aux autres ce qu'ils méritent. Ce verset nous parle d'être miséricordieux. Être miséricordieux signifie donner aux autres ce qu'ils ne méritent pas. Aujourd'hui sur cette terre, les chrétiens ne doivent pas chercher à occuper une position avantageuse. Le moment où nous obtiendrons la miséricorde sera au trône du jugement. Le Seigneur nous traitera de la même façon que nous avons traité les autres (Jacques 2:13). Nos prières de miséricorde atteindront le trône du jugement (2 Tim. 1:16, 18).
Verset 8 : "Bienheureux sont ceux qui sont nets de coeur : car ils verront Dieu." Les neuf bénédictions dont il est question ici sont, bien entendu, pour le temps présent, mais elles sont encore plus pour l'âge à venir. être "net de coeur" c'est être résolu dans son objectif, pour la volonté et la gloire de Dieu, chercher uniquement le gain de Dieu (1 Cor. 10:31), être entièrement pour Dieu. Quand une personne fait de Dieu son seul objectif, elle finit par obtenir Dieu. Si elle fixe ses yeux sur une seule chose, alors elle ne verra qu'une seule chose. Quand elle fixe ses yeux sur Dieu, elle voit Dieu. Apocalyse 20:6 nous dit que les disciples vainqueurs seront des rois et des sacrificateurs de Dieu le Père. Les sacrificateurs sont ceux qui voient Dieu, mais certains manqueront la bénédiction de voir Dieu. Ne pas exercer son don est également une raison pour ne pas pouvoir voir Dieu.
Verset 9 : "Bienheureux sont ceux qui procurent la paix : car ils seront appelés enfants de Dieu." Ceci concerne le temps présent. C'est Dieu qui fait la paix aujourd'hui, notre travail est simplement de précher cette paix. Tout chrétien est un enfant de Dieu (Jean 1:12). L'expression "fils et filles" est utilisé uniquement dans 2 Corinthiens 6:18 et se réfère à chaque individu. En Christ, qu'ils soient homme ou femme, tous sont des fils; il n'y a pas de filles. Par exemple, nous appellons une personne "frère dans le Seigneur" parce qu'il est en Christ, non pas parce qu'il est un homme. Les "fils" sont des enfants qui sont venus à maturité.
Selon la coutume grecque, toute progéniture s'appelle "enfants." Lorsque les enfants grandissent, le père en choisit un parmi eux pour être l'héritier.
Verset 10 : "Bienheureux sont ceux qui sont persécutés pour la justice : car le royaume des cieux est à eux." "Pour la justice" signifie pour ce qui est juste et droit. "Ceux qui sont persécutés", selon la langue d'origine peut être traduit au temps passé : "Ceux qui ont été persécutés." Cela comprend peut-être également les personnes de l'Ancien Testament qui avaient une conduite droite. La souffrance de la persécution dont il est question dans ce verset est différente de celle du verset 5:11. Ici, beaucoup de chrétiens sont persécutés pour la justice, c'est à dire pour ce qui est juste et droit. Dans le verset 5:11 par contre, les chrétiens sont persécutés directement pour Christ.
"Entrer dans le royaume des cieux", "dans le royaume des cieux", et "le royaume des cieux est à eux" -- ces trois expressions doivent porter un sens différent, sinon ils ne sont pas cohérents entre eux.
Versets 11-12 : "Vous serez bienheureux quand on vous aura injuriés et persécutés, et quand, à cause de moi, on aura dit faussement contre vous toute sorte de mal. Réjouissez-vous, et tressaillez de joie, parce que votre récompense est grande dans les cieux : car on a ainsi persécuté les prophètes qui ont été avant vous." Les gens persécutent les chrétiens de trois façons différentes : (1) par les reproches -- directement en face; (2) par la persécution -- méthode, environnement; et (3) en disant toute sorte de mauvaises choses -- en répandant des rumeurs derrière leur dos. Parce que la neuvième bénédiction concerne une récompense, nous savons que les huit bénédictions précédentes sont également des récompenses. On appelle cela le parallèlisme biblique. Puisque la première partie de chaque bénédiction parle de notre conduite, alors la seconde partie du verset concerne la récompense. Dans le verset douze, puisque c'est le Seigneur qui a dit que la récompense est grande, elle ne peut être petite. Quel réconfort !
Versets 13-16 : Cette partie couvre deux sujets : (1) les chrétiens sont le sel de la terre; et (2) les chrétiens sont la lumière du monde. Le sel est quelque chose d'intérieur, qui se rapporte à nous-même; cela se réfère à notre nature. La lumière est quelque chose d'extérieur et se rapporte aux autres; cela se réfère à notre comportement. Ici le Seigneur ne dit pas "Vous êtes le sel", mais "Vous êtes le sel de la terre." Bien qu'il y ait beaucoup d'ordures sur la terre, la présence du sel désinfectant empêche que la terre soit entièrement corrompue. De la même façon, le sel qui est dans l'eau de mer purifie la saleté qu'elle contient. S'il n'y avait pas de sel, la terre pourrirait et puerait. Seuls les chrétiens peuvent influencer la terre (2 Cor. 6:14-17).
"Le sel perd sa saveur" ne signifie pas que les chrétiens soient tombés dans l'apostasie. Cela signifie simplement qu'ils ont perdu la saveur qui les différencie des gens du monde. Ils s'habillent de la même façon que le font les gens du monde, et ils mangent de la même façon qu'eux aussi. Lorsqu'il n'y a plus de différence entre eux et le monde, cela signifie qu'ils ont, comme le sel, perdu leur saveur. Pour cela ils n'ont pas besoin de commettre de sérieux péchés pour perdre leur saveur. "Il ne vaut plus rien" -- cela est aux yeux de Dieu. "Etre jeté dehors" c'est être placé dans la tribulation, car les termes "dehors" et "foulé" sont tous les deux des termes utilisés en rapport avec la tribulation. Cela peut se rapporter aussi bien au présent qu'à l'avenir.
Qu'en est-il de la lumière du monde? (1) Elle est comme une ville située sur une montagne qui ne peut être cachée. Les chrétiens ne doivent pas chercher la renommée parmi les autres chrétiens, mais ils doivent se manifester parmi les non-croyants pour permettre au monde de savoir qu'ils sont chrétiens. (2) Elle est comme une lampe sur un chandelier. Le point précédent nous dit que la lumière ne peut être cachée, et ce point nous dit que la lumière ne doit pas être cachée. "Ville" se rapporte à ceux de l'extérieur, alors que "lampe" se rapporte à ceux qui sont dans la maison. Dieu a une utilisation toute spéciale pour notre lumière. Si nous cachons la lumière, Dieu ne peut être glorifié au travers de nous. La lumière peut être renfermée, mais les ténèbres ne peuvent être renfermés. Les ténébres constituent la nature du monde, mais la lumière vient comme un élément supplémentaire. Lorsque la lumière vient, les ténébres s'enfuient. C'est le Père, et non les hommes qui sera glorifié. Le terme "Père" signifie que les personnes en question sont régénérées.
Versets 17-20 : Cette partie parle de l'importance de la loi. (1) les versets 17-18 nous disent que le Seigneur n'est pas venu pour abolir la loi; (2) le verset 19 se réfère aux personnes de l'Ancien Testament; et (3) le verset 20 se réfère aux personnes du Nouveau Testament. Le verset 17 constitue la base sur laquelle les Adventistes s'appuie pour garder la loi; mais garder la loi de cette façon c'est comme commettre un suicide. "Accomplir" (v. 17) signifie remplir ce qui manque à la loi; cela ne se rapporte pas à ce qu'Il allait accomplir sur la croix. Le verset 19 se rapporte à l'annulation de la loi de manière générale, c'est à dire, par "quiconque." Le verset 20 se rapporte à l'accomplissement de la loi; il se réfère à un autre groupe de personnes, non pas les gens d'une manière générale, mais les disciples en particulier. La plus grande justice des scribes et des pharisiens ne peut accomplir plus que ce qui est décrit dans la seconde partie du verset 19. Mais même si nous parvenons à atteindre la justice des scribes et des pharisiens, nous ne pouvons toujours pas entrer dans le royaume des cieux. Autrement dit, à moins que notre justice surpasse celle qui est décrite dans le verset 19, nous ne pouvons toujours pas entrer dans le royaume des cieux. Quelle est la chose que le Seigneur souhaite accomplir? Ce sont les paroles prononcées dans Matthieu 5 à 7. Cela vient compléter ce qui était imparfait dans la loi; il ne s'agit pas de rajouter des élements à la loi.
Les exigences de la loi sont de trois ordres. Tout d'abord, elle demande d'être gardée. Les hommes doivent garder chaque élement de la loi, du premier au dernier. Seul Christ garde la loi de manière aussi complète. Deuxièmement, elle demande la punition. Si une personne est punie, la loi est de même accomplie. Par exemple, si une personne verse le sang d'un autre, son sang doit aussi être versé. Dans Matthieu, ces deux aspects sont mentionnés. Troisièmement, elle demande l'enseignement. Parce que la loi n'est pas parfaite, elle nécessite soit d'être changée, ou alors d'être accomplie. Il est toujours question ici de l'accomplissement de 5:17.
La première exigence vient en premier lieu, puis il y a la deuxième exigence, car la première exigence donne à Christ la possibilité d'être puni à notre place. La troisième exigence vient après la deuxième. Puisque l'ancienne alliance est terminée, les exigences de garder la loi, et d'être puni sont tous deux terminées. La troisième exigence est celle que nous devons respecter.
"Accomplir" dans le verset 17 est différent de "soient faites" dans le verset 18. Le verset 17 signifie compléter, et le verset 18 signifie la mise en pratique. Le verset 17 signifie compléter parce qu'elle mentionne aussi bien la loi que les prophètes. Le verset 18 parle uniquement de la loi et ne mentionne pas les prophètes. Ce qui concerne la loi ne s'étend que jusqu'à la fin du royaume millénaire, mais ce qui concernent les prophètes, tels qu'Esaie, s'étend jusque dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre. La loi ne parle jamais d'éternité. Dans le verset 18, "jusqu'à" signifie jusqu'à ce moment.
Versets 21-26 : Cette partie concerne la reconciliation entre frères. Le verset 21 correspond au verset 17, et le verset 22 correspond au verset 19. Ils prouvent, tous les deux, que l'explication ci-dessus est correcte. Le jugement dans le verset 22 est le même que le jugement dans le verset 21. Même si le jugement dans le verset n'était pas le jugement par le conseil juif, on sait que c'était le jugement préliminaire car à l'époque, le jugement initial se tenait aux portes de la ville. Le jugement rendu par le Sanhédrin était une étape supplémentaire. La prochaine étape aurait été devant Dieu. Bien que cette partie en est un mot donné aux chrétiens, au moment où le Seigneur parlait, les gens devant lui étaient des juifs. Il est donc naturel que le Seigneur fasse référence au cadre de vie que les juifs connaissaient lorsqu'Il leur parlait.
Être "en colère", vient de l'intérieur. On lit dans l'Evangile de Marc que le Seigneur s'est mis en colère à un moment (Marc 3:5). La Bible ne dit pas que toute colère sera jugée, mais elle dit qu'il existe une colère qui offense Dieu et les frères. C'est pourquoi Ephésiens 4:26 nous dit "Si vous vous mettez en colère, ne péchez point. Que le soleil ne se couche point sur votre colère." Cela signifie qu'il ne faut pas se mettre en colère jusqu'au point de pécher, et de ne pas se laisser diriger par le péché. La colère devrait être limitée dans le temps. Nous devons contrôler notre colère. Comment se fait-il qu'être en colère avec son frère équivaut à le tuer? C'est tout simplement parce que bien souvent ce n'est que notre position, notre corps physique, notre environnement et notre éducation éthique qui nous empêchent d'accomplir l'acte. Toutefois, en réalité, le désir de tuer est bel et bien présent en nous.
Puisqu'il est question de jugement ici, nous pouvons voir que c'est un fait que les chrétiens seront jugés. C'est pourquoi nous ne devons pas croire l'enseignement de certaines personnes qui dit que les chrétiens ne seront pas jugés. "Frère" est mentionné ici, et l'exigence est très élevée. C'est pourquoi ce n'est pas une parole parlée à ceux qui sont en dehors de l'église. Les Présbytériens, les Episcopaliens, et les Frères suivent tous le calvinisme, qui enseigne que le salut est prédestiné et que par conséquent, tous ceux qui sont sauvés ne peuvent périr. Les Méthodistes et certains Pentecôtistes suivent l'arménienisme qui enseigne que l'homme possède un libre arbitre et que les chrétiens peuvent donc périr puisque beaucoup de chrétiens sont déjà tombés, comme l'on s'en aperçoit en lisant la Bible. Le calvinisme possède une meilleure fondation biblique dans le sens qu'elle exalte Dieu, mais l'arménienisme est aussi quelque peu raisonnable. C'est pourquoi, à mon avis, nous ne devons pas renverser un enseignement qui est basé sur certains versets bibliques par un autre enseignement même s'il présente beaucoup de versets à l'appui. Nous devons mettre tous les versets ensemble, et permettre à la Bible de trancher sur la vérité.
Le Seigneur nous parle de la vie éternelle, et de ne pas périr pour toujours, qui sont des choses en rapport avec l'éternité. Avant la création du monde, et après le livre de l'Apocalypse -- voilà les choses qui constituent l'éternité. Seule la période entre les deux, une période temporaire, s'appelle le temps, c'est à dire entre le moment où la terre a été créee et le livre de l'Apocalypse. Pendant cette période, certains chrétiens seront peut-être punis (2 Cor. 5:10), et certains pourront recevoir la rétribution. De quoi pourrait-il s'agir, sinon du châtiment? Luc 12:47 et 48 mentionne le fait de recevoir des coups. Il s'agit d'un évènement qui se déroule avant le jugement. Il est possible pour les chrétiens de non seulement perdre leur récompense, mais également de recevoir des coups. Un Corinthiens 3:15 mentionne que certains "éprouveront une perte." Certains disent que même s'il est question d'éprouver une perte, du moment que l'on ne ressent pas la perte, celle-ci ne peut être considérée comme une perte. Jean 15:6 nous dit que "si quelqu'un ne demeure pas en moi", ce qui nous montre que cette personne était auparavant en Lui; puis il est dit "jetez le dehors", ce qui montre qu'il y a sans aucun doute une punition. Apocalypse 2:11 dit, "Celui qui vaincra, sera mis à couvert de la seconde mort." Autrement dit, celui qui ne vainc pas passera par la seconde mort. Selon Apocalypse 20:6, seuls ceux qui vainquent reigneront avec Christ. Si un chrétien commet le péché, Dieu le fera passer par le feu au moment du règne millénaire.
Jean 10:28 dit, "Elles ne périront jamais." Ceci veut dire que ces croyants qui pèchent sans se repentir souffriront pour un temps les mêmes choses que devront subir les non-croyants. Ils seront relachés lorsque les criminels officiels arriveront. Le purgatoire catholique commence à la mort d'une personne. D'autre part, ils ont la doctrine de la soi-disant libération de l'âme. On ne doit pas faire référence à cette hérésie pour opposer le fait que les chrétiens seront punis. Nous ne pouvons utiliser que la Bible pour prouver que le jugement se fait au tribunal de Christ. Le péché chez les Gentils c'est le péché; le péché chez les chrétiens, c'est également le péché.
Monsieur Govett traduit Raca par "inutile"; d'autres le traduisent par "stupide" ou "bon-à-rien." Il y en a qui disent que le mot Moreh est Syriac et qu'une meilleure traduction serait "rebelle." Selon le contexte, nous pouvons voir qu'il est plus grave d'appeler son frère "Raca" que de se mettre en colère avec son frère. Lorsqu'on se met en colère, cela reste à l'intérieur, mais quand on appelle les autres "Raca", cela met en jeu l'utilisation de sa bouche. La punition pour celui qui appelle son frère "Moreh" est qu'il sera passible de la géhenne du feu. Nous pouvons donc voir que le sens de Moreh est plus fort que celui de Raca. Raca signifie "stupide" alors que Moreh signifie, comme l'a dit Monsieur Govett, "rebelle." La géhenne du feu est mentionnée ici. Cela indique que les chrétiens ne peuvent échapper au jugement. Si cela se référait aux incroyants, iraient-ils vraiment en enfer pour avoir réprimandé quelqu'un ?
Verset 23 : "Si donc tu apportes ton offrande à l'autel, et que là il te souviens que ton frère a quelque chose contre toi..." "Donc" signifie "pour cette raison." Il n'est pas dit ici "apportes ton sacrifice" mais "apportes ton offrande." Lorsqu'on apporte un sacrifice, il est question de pechés, mais une offrande s'apporte lorsqu'on veut donner quelque chose à Dieu et n'a rien à voir avec le péché. "A quelque choses contre toi" indique que tu n'as pas agi comme il fallait.
Verset 24 : "Laisse là ton offrande devant l'autel et va te reconcilier premièrement avec ton frère; puis viens, et offre ton offrande." L'exigence ici est bien plus elevée que dans l'Ancien Testament. Il faut non seulement que l'offrande et que la personne soient en règle, mais il faut en plus que la condition spirituelle soit correcte. Lorsque le Seigneur a prononcé ces paroles, la loi cérémoniale n'avait pas encore été abolie. "Offres ton offrande" et "l'autel" constituaient le contexte de l'époque.
Verset 25 : "Partie adverse" en grec signifie "plaignant." "Adversaire" implique l'inimitié. "En chemin" signifie que tu n'es pas encore arrivé au bout du chemin, et que tu n'es pas encore arrivé devant le juge. C'est pourquoi tu dois t'accorder rapidement avec ton adversaire pour les trois raisons suivantes : (1) Il se peut qu'il meure -- s'il meurt, tu ne pourras plus te reconcilier avec lui; (2) Il se peut que tu meures -- lorsque tu meurs, il ne te sera plus possible non plus de te reconcilier; et (3) Le Seigneur peut revenir -- une fois que le Seigneur est revenu, il sera trop tard pour se reconcilier. Si tu maltraites quelqu'un et que tu ne traites pas convenablement l'affaire, ses simples soupirs peuvent empêcher tes prières d'arriver jusqu'au Seigneur. La voix d'Abel troublait Caïn.
"Le juge" ici se réfère au Seigneur; "l'officier" à l'ange. La "prison" est un endroit où il n'y pas de lumière ni de liberté. Une personne qui est placée en prison ne peut vivre des jours glorieux. Il ne peut pas être comme ceux qui suivent l'Agneau partout où il va. Toutefois, puisqu'il s'agit de la prison, cela ne dure pas éternellement. Nous voyons à cela qu'il y a encore la possibilité que les chrétiens se retrouvent dans la géhenne de feu à l'avenir.
Verset 26 : "Tu ne sortiras point de là, jusqu'à ce que tu aies payé le dernier quadrain." Puisque la dette doit être payée un jour ou l'autre, pourquoi ne pas payer tout de suite? Ici, "sortir" se produira dans l'âge à venir, c'est à dire dans le royaume millénaire. Cela se réfère au pardon dans l'âge à venir.
Versets 27-32 : Cette section concerne l'adultère. Dans le verset 28 le mot "regarde" indique que l'action est intentionnelle; "une femme" se réfère à la femme d'un autre. Ce qui est condamné par Christ n'est pas toute pensée soudaine qui est mise en nous par Satan, ou qui se dresse dans notre esprit soudainement. C'est plutôt qu'après avoir vu, nous regardions intentionnellement. Toute action qui ne provient pas de notre volonté n'est pas un péché. Cependant, l'action de notre volonté après avoir succombé à la tentation constitue un péché.
Ici le Seigneur nous enseigne que nous devons garder notre coeur. Autrement, nous commettrions certainement l'adultère si notre éthique, notre environnement ou notre position ne nous l'empêchaient pas. Il est écrit dans les Proverbes, "L'homme qui ne peut pas retenir son esprit, est comme une ville où il y a brèche, et qui est sans murailles" (25:28). Une ville sans murailles est une ville où l'ennemi peut entrer et sortir librement.
Verset 29 : Même s'ils s'arrachent les yeux, les non-croyants doivent tout de même aller en enfer. Ce mot ne s'adresse donc pas aux non-croyants mais au chrétiens.
Verset 30 : Ni l'idée de couper la main dans ce verset, ni d'arracher l'oeil dans le verset précédent ne sont à prendre littéralement. Il est plutôt question ici de couper les opportunités de pécher (Pierre a une fois coupé l'oreille d'un autre, mais on ne lui a pas pour autant coupé la main). Cela indique que nous devons payer n'importe quel prix pour se détacher des opportunités de pécher.
Verset 31-32 : Ici le Seigneur présente le divorce sous une lumière tout à fait nouvelle. Le Seigneur reconnaît que le mari et la femme sont un seul corps. Avant que ce corps unique soit endommagé, rien ne peut le diviser. L'adultère détruit l'unité. Le certificat du divorce est simplement une constatation que l'unité a été rompue. Si l'unité n'a pas été rompue par l'adultère, elle existe encore devant Dieu. Si la femme se marie avec quelqu'un d'autre, c'est que le mari l'oblige à détruire l'unité. Il rend aussi coupable de rompre l'unité l'homme avec qui elle se marie. De plus si l'homme lui-même se marie avec une autre femme, il est coupable d'avoir rompu l'unité.
Verset 33-37 : Cette section concerne le fait de ne pas jurer. Jacques 5:12 nous dit, "Or, sur toutes choses, mes frères, ne jurez ni par le ciel, ni par la terre, ni par quelque autre serment." Personne n'a le droit de jurer. Pourquoi Jacques place-t-il autant d'importance sur le fait de ne pas jurer? C'est parce que dans tout le livre de Jacques il est question de la parole.
Les hommes aiment toujours utiliser différents moyens pour prouver l'honnêteté de ce qu'ils disent. Ne pas jurer signifie que la parole des chrétiens doit être simple. Il ne doit faire aucun effort pour prouver sa parole pour persuader les autres de sa crédibilité. Jurer est l'une des choses que l'on comprend par "ce qui est de plus" que oui ou non.
Verset 38-42 : Cette section concerne ne pas résister au méchant. Aujourd'hui est l'âge où nous devons user de patience. Il existe trois sortes de persécutions : (1) Concernant le corps physique. Pour qu'un chrétien endure la première frappe n'est pas étonnant. Ce qui est extraordinaire, c'est qu'il soit prêt à accepter la seconde frappe. Le chrétien ne se contente pas de simplement ne pas résister. Il va plus loin, en se livrant joyeusement à être frappé de nouveau. Le mesure de notre puissance n'est pas en ce que nous pouvons faire, mais notre puissance est plutôt mesurée par ce que nous pouvons subir. C'est pourquoi Colossiens 1:11 nous dit, "en toute patience et tranquillité d'esprit." Les nombreux élements qui étaient exigés dans le passage précédent contribuent simplement à la "patience et tranquillité d'esprit." "Présente lui aussi l'autre [joue]" -- cela nous indique l'endurance jusqu'au plus haut point, c'est à dire être prêt à être frappé de nouveau. Vous devez permettre à la vie qui est en vous d'être exprimée de façon spontanée. Ce n'est pas à vous d'essayer d'endurer par vous-même. Les termes "joue droite" et "l'autre [joue]" ne signifie pas que nous devons tendre la joue droite et la joue gauche. Simplement cela signifie que nous devons être prêts à être frappés une fois, et d'être frappés à nouveau. Voilà ce que signifie lui présenter "aussi l'autre [joue]." C'est cela la vie de l'Agneau. (2) Concernant nos biens matériels. Le procès dont il est question ici est tout à fait extraordinaire. Ce que le Seigneur veut dire ici est que le procès n'est pas simplement dans le but d'obtenir la tunique, mais que le procès est dans le but d'obtenir TOUT, y compris même la tunique, mais le Seigneur nous dit de donner en plus le manteau. Nous sommes gardés par l'amour de Dieu. En dehors de cela, nul ne peut lever son propre bras pour se défendre. (3) Concernant notre oeuvre. Ici il est dit, "si quelqu'un te veut contraindre d'aller...."Contraindre en grec est un terme technique du registre militaire.
Les bénédictions d'un chrétien proviennent du fait qu'il tend l'autre joue, qu'il donne le manteau, et qu'il parcourt la seconde lieue. C'est ici le principe du second. Très souvent, nous ne pouvons même pas parcourir une lieue. Seuls ceux qui suivent le principe du second pourront être glorifiés avec le Seigneur. Tous ceux qui règneront avec le Seigneur sont ceux qui auront refusé de régner aujourd'hui.
Pour conclure, dans le verset 42, Christ ne nous a pas dit de choisir ceux à qui nous donnons. Christ nous a simplement dit de faire ce qui nous revient. Nous ne pouvons nous occuper que de ce que le Seigneur nous demande. Nous ne pouvons pas nous occuper de ce que le Seigneur demande aux autres.
Verset 43-48 : Cela concerne la motivation de notre amour. Les actions que nous faisons dans les versets précédents découlent de l'amour. Si nous sommes indignants à cause de l'injustice, nous ne pouvons pas prier pour ceux qui nous persécutent. L'amour dont il est question ici ne provient ni notre choix, ni nos sentiments, mais plutôt de notre compassion. (Il existe 4 sortes d'amour : l'amour sentimental, l'amour préférentiel, l'amour respectueux, et l'amour de compassion). Nous ne devons pas fermer notre coeur de compassion.
Verset 44 : "Aimez vos ennemis et bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous courent sus et vous persécutent." Ce n'est qu'en suivant ces choses que nous pouvons devenir enfants du Père Céleste, et exprimer la nature du Père Céleste.
Verset 45 : "Car Il fait lever Son soleil sur les méchants et sur les gens de biens, et Il envoie sa pluie sur les justes et sur les injustes." A cela nous voyons combien Dieu est généreux envers les hommes. Si Dieu était comme nous, personne ne serait sauvé. Seul Dieu peut oublier les mauvaises actions des hommes. L'homme n'a pas le pouvoir d'oublier, car il ne possède pas l'oubliance absolue. "Afin que vous soyez" signifie "pour que vous puissiez être manifestés comme étant."
Verset 46-47 : Sans les actes mentionnés dans les versets précédents, nous ne pouvons pas obtenir la récompense. Si vous saluez plusieurs fois, cela exprime l'attitude de votre coeur.
Verset 48 : "Soyez donc parfaits comme votre Père qui est aux cieux est parfait." "Parfait" signifie être parfait dans l'amour. Nous ne pouvons être parfaits comme Dieu est parfait en nature, puissance, sagesse, gloire et sainteté. Dieu nous demande simplement d'être parfaits dans nos actes d'amour. être parfaits ici ni signifie pas éradiquer le péché, puisque les versets précédents de cette section ne s'occupent pas de la punition, mais des actes d'amour. En parallèle avec cette parole, Luc 6:36 nous dit, "Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux." A cela nous voyons que Luc interprête ici le terme "parfait" en termes de compassion. Ici, le passage ne peut pas signifier que nous devons être parfaits comme Dieu en termes de justice. La Bible nous dit d'être justes envers nous-mêmes mais d'être miséricordieux envers les autres comme l'est Dieu.
La proposition "il a été dit aux anciens" est utilisée dans les versets 21 et 33. Toutefois, elle est changée en "il a été dit" dans le verset 38. Puisque la parole concernant "haïr son ennemi" n'est pas clairement écrite dans l'Ancien Testament, le Seigneur a dit "il a été dit", et non pas "il a été dit aux anciens." Bien que "une dent pour une dent" soit clairement écrit dans l'Ancien Testament, cette parole était adressée au juge et non pas au peuple. D'autre part, à cette époque, les scribes et les pharésiens avaient déjà pris cette parole comme enseignement. C'est pourquoi le Seigneur n'a pas dit "il a été dit aux anciens", mais il citait les scribes. Ainsi, il a dit "il a été dit."
Dans les chapitres un à cinq, nous voyons les principes suivants concernant l'interprétation de la Bible:
Exemple 1 : Si une conjonction est utilisée entre deux mots et si la partie qui figure avant la conjonction est interprétée selon son sens spirituel, alors la partie qui figure après la conjonction doit être interprétée de la même façon. De même, si la première partie est interprétée selon son sens littéral, alors la seconde partie doit l'être de même. L'interprétation doit être cohérente pour les deux parties.
Exemple 2 : Un enseignement soutenu par peu de versets bibliques ne doit pas être sacrifié au profit d'un enseignement soutenu par de nombreux versets bibliques.
Exemple 3 : Tous les mots dans la Bible doivent être interprétés littéralement sauf si l'interprétation littérale est quasiment absurde. Les paraboles, les visions, et les signes ne doivent pas être interprétés littéralement. Toutes les autres choses doivent être interprétées littéralement.
Exemple 4 : Il n'est pas sufissant d'établir une vérité sur la base d'un seul verset. Il doit toujours y avoir "de plus il est écrit."
Exemple 5 : Deux mots ou deux propositions ne doivent pas être interprêtés de la même façon si leurs contextes sont différents.
Exemple 6 : Tous les parallèles sont égaux.
Exemple 7 : En interprétant la Bible, on ne doit pas être limité par le contexte culturel, et en même temps on ne doit pas l'ignorer complètement.
Exemple 8 : Un verset biblique seul ne peut pas couvrir tous les aspects d'une même vérité. Par exemple, personne ne peut déterminer tous les aspects de la loi à l'aide d'un seul verset biblique.
Traduit et mis en ligne par Eglise de Maison.com. Nous aimerions lire vos commentaires : cliquez ici
