par A. W. Tozer
Il serait bon à présent de définir nos termes. Avant que la communication puisse s'établir entre l'auteur et le lecteur, ils doivent se mettre d'accord sur le sens des mots. Je vais donc expliquer ce que j'entends par « religion authentique. »
Pour le chrétien convaincu, il ne peut y avoir qu'une seule religion authentique. Celui qui n'est qu'à moitié converti s'écartera peut-être de la fermeture d'esprit et l'intolérance qu'il craint voir découler d'une dévotion exclusive au Christianisme, mais celui qui est fermement converti n'aura pas de telles appréhensions. Pour lui, Christ est tout en tous et la foi de Christ, c'est la dernière parole de Dieu envers l'humanité. Pour lui, il n'y a qu'un seul Dieu, le Père; un seul Seigneur et Sauveur; une seule foi, un seul baptême, un seul corps, un seul Esprit, un seul troupeau et un seul Berger. Pour lui, il n'y a pas d'autre nom sous le ciel qui soit donné parmi les hommes par lequel nous devions être sauvés. Pour lui, Christ est la seule voie, la seule vérité et la seule vie. Pour lui, Christ est la seule sagesse, la seule justice, la seule sanctification et la seule rédemption. Il sait que ses convictions lui amèneront le discrédit des soi-disant libéraux, et il sait que sa façon de penser sera qualifiée d'étroite et moyenâgeuse. Mais il est prêt à porter l'opprobre. Ce qu'il a vu et entendu et expérimenté exclut toute possibilité de compromis. Il se doit d'être fidèle à la vision céleste.
Quand donc je pose la question, « Vivons-nous un réveil de religion authentique ? » je n'ai en tête qu'une seule religion. Je parle de la foi du Nouveau Testament telle qu'elle a été suivi et pratiquée par les Pères. Je parle de cette religion dont Moïse et tous les prophète ont écrit, cette religion qui tire ses origines du coeur de Dieu le Père, a été rendu efficace par la mort pénible et la résurrection triomphante de Dieu le Fils et est propagée parmi les hommes par Dieu le Saint Esprit. De cette religion les Ecritures hébraïques et chrétiennes sont le livre source, la première et la dernière parole, à laquelle nous n'osons rien ajouter et de laquelle nous n'osons rien retirer.
Si le lecteur n'est pas d'accord avec ma définition de la religion authentique, alors la communication entre nous n'est pas possible. Il ne sera à rien d'utiliser des mots qui ont pour moi un certain sens et pour le lecteur un sens différent. Si nous ne permettons pas aux Ecritures de définir ce qu'est la vraie religion, nous n'aurons pas moyen de le découvrir. Chacun se retourne alors vers les profondeurs de sa propre ignorance obscure et doit tâtonner les côtés raides du gouffre dont on ne peut s'échapper.
Si au contraire nous laissons la Parole de Dieu décider ce qui constitue la religion de Christ et ce qui ne la constitue pas, un modèle inspiré nous est établi et nous nous évitons de tragiques et coûteuses erreurs sur cette question d'importance capitale.
Une fois que ce standard est accepté, il n'est pas trop difficile de tester une doctrine ou une pratique donnée pour déterminer si elle est de Dieu ou non. Il nous suffit de comparer tout ce qui prétend être le Christianisme du Nouveau Testament avec le Nouveau Testament lui-même. « Concernant la loi et le témoignage: s'ils ne parlent pas en accord avec cette parole, c'est parce qu'il n'y a pas de lumière en eux » (Esaïe 8:20).
Chaque activité qui est conduite au nom de Christ doit passer le test suprême: est-elle validée par l'autorité biblique ? Est-ce en accord avec la lettre et l'esprit des Ecritures ? Son contenu spirituel vient-il de Dieu ? Le succès de cette activité ne prouve rien. Sa popularité encore moins. Où sont les preuves de son origine céleste ? Où sont ses certificats spirituel ? Peut-on avoir l'assurance qu'elle représente l'opération du Saint Esprit dans le plan éternel de Dieu ? Ces question doivent avoir des réponses adéquates.
Nul ne devrait s'opposer à examiner honnêtement son oeuvre à la pure lumière de l'Ecriture. Aucun homme honnête ne se rétractera de la lumière, ni ne défendra des croyances ou des pratiques qui ne sont pas validées par le test de la vérité. Au contraire, il cherchera avidement à bâtir en fonction du modèle qui lui a été montré dans la montagne.
« C'est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, est comme un homme sage qui bâtit sa maison sur le roc. La pluie descendit, les torrents s'élevèrent et les vents soufflèrent et heurtèrent la maison; mais elle ne tomba pas parce que sa fondation était sur le roc. » (Matthieu 7:24-25) Bâtissons-nous sur le roc aujourd'hui ? De la réponse à cette question dépend toute notre petite existence. Il vaudrait mieux en être sûr.
( Article tiré de The Price of Neglect, chapitre 25 )
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