par A. W. Tozer
Même dans les temps les plus sombre des temps d'Israël, Dieu ne s'est jamais laissé sans témoin. Même lorsque l'adoration de Baal était en plein cours dans le pays, il restait quand même sept milles personnes qui demeuraient fidèles à Jéhovah.
C'est pour moi un sujet de profonde satisfaction personnelle de croire qu'il existe, même à cette époque dégénérée qui est la nôtre, un reste élu de son peuple qui cherche à tout prix à connaître et à faire la volonté de Dieu. Dans ce présent retour à la religion qui est en vogue actuellement il se peut que ce reste soit plus grand maintenant qu'avant. Je prie que j'ai sous estimé le nombre de personnes qui sont vraiment sauvées et que l'état des choses est quand même plus brillant que je ne le pense. Ceci dit, même en prenant compte de la possibilité d'une évaluation trop basse, et en appliquant tout l'espoir et toute la charité chrétienne possible, je n'arrive pas à croire que ce que nous témoignons maintenant comme renouvellement d'intérêt dans le Christianisme soit une attirance vers la vraie religion. Il y a un an environ une magazine britannique qui porte une certaine autorité dans le monde a constaté que nous en Amérique, étions en train d'éprouver un réveil religieux « égal à une révolution sociale ». Il est difficile d'imaginer un rapport qui soit plus erroné, bien qu'il a été publié, sans doute, en toute sincérité. Les éditeurs ont fait l'erreur d'imprimer ces rumeurs encourageantes sans les avoir vérifiées.
Un vrai retour à la religion aurait eu comme effet d'élever les valeurs morales de la société. Au contraire, ces valeurs sont plus basses que jamais. Un vrai retour vers Jésus aurait eu l'effet de baisser le taux de divorce et de rendre au foyer familial sa place centrale dans la société. Pourtant le taux de divorce est plus élevé que jamais et le foyer devient de plus en plus un simple dortoir et un lieu pour manger et pour regarder la télé. Un retour vers la vraie religion aurait eu l'effet de décourager le crime et la délinquance. Mais le taux de criminalité est plus élevé que jamais dans l'histoire de notre pays et les guerres entre les bandes de jeunes dans la rue représentent un problème majeur pour la police dans nos grandes villes d'aujourd'hui. Si la foi de nos anciens exerçait une influence majeure dans notre société il y aura une révolution des valeurs morales importante chez les Chrétiens ainsi qu'un changement de vue de la plupart qui, n'étant pas croyants eux-même, se sentiraient néanmoins entourés par la pression des moeurs et des attitudes chrétiennes. Tel était le cas en Italie grâce à Savonarola, à Genève, grâce à Calvin, en Allemagne à l'époque de Luther, en Angleterre à l'époque des Wesley , et sur une plus petite échelle, là où dans le monde des réveils ont éclaté dans des villes et des communes à travers les siècles.
Mais en Amérique il n'existe pas de tel changement. Cette mode actuelle de s'intéresser à la religion n'a pas comme effet d'éclairer les esprits des gens mais plutôt de séculariser la religion et d'approuver les valeurs mondaines insinuées dans nos églises. On est en train de glorifier le succès et on s'empresse de publier des témoignages religieux de stars, d'athlètes, de grands PDG et de personnes importantes de toutes sortes, malgré leur réputation, ou bien leur manque de réputation. La promotion de la religion se fait en employant les mêmes techniques que pour vendre les cigarettes. Tu pries pour te détendre de la même manière que tu fumes une cigarette après une grande transaction financière. On écrit des livres pour constater que Jésus est juste un homme ordinaire, un type sympa, et le christianisme une façon prudente d'appliquer les lois psychologiques les plus élevées. Ces livres comportent l'inverse de toutes les lois spirituelles citées dans le Sermon sur la Montagne. Ce ne sont plus les humbles qui seront heureux mais les orgueilleux; pas ceux qui pleurent, mais ceux qui font des sourires et des sourires, encore et encore. In ne s'agit plus des pauvres en esprit qui seront bien-aimés de Dieu, mais ceux qui sont les plus recherchés par la presse séculaire. Ce n'est plus ceux qui ont faim et soif pour la justice qui seront rassasiés, mais ceux qui ont faim et soif pour la publicité.
Si je ne décrivais que les églises non-évangéliques cela serait moins choquant. Mais il se trouve, à vrai dire, que les assemblées évangéliques les plus populaires sont elles aussi, affectées par cette corrosion anti-biblique. Je regrette de dire qu'en grande partie, l'église d'aujourd'hui ne ressemble plus à l'église du Nouveau Testament. Elle porte toujours le nom de chrétien mais n'a plus rien à voir avec les Écritures Saintes qu'elle devrait manifester. Elle a le nom qui donne la vie, mais elle-même, elle est morte.
Ceci est simplement un effort honnête afin de comprendre la situation religieuse en ce moment critique de l'église. Il ne s'agit pas d'une dénonciation mais d'une simple évaluation. De nos jours il existe sans doute, malgré tout, des personnes qui n'ont pas sali leur vêtements, même aujourd'hui, et qui marcheront un jour avec Dieu, vêtues de blanc, car elles en sont dignes. Il se peut que nous avancions vers un jour où elles seront obligées de se retirer de nos assemblées et de se former une compagnie de croyants qui insisteront sur la doctrine du Nouveau Testament, ainsi que sur sa pratique. Le temple attend d'être purifié. Nous devons prier jour et nuit jusqu'à ce que cet heureux événement ait lieu.
( Article tiré de The Price of Neglect, chapitre 28 )
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