par A. W. Tozer
Parmi les grands de la litérature, peu ont acquis une place de prominence dans l'Eglise du Premier Né. Il y a cependant quelques exceptions. Parmi ceux-là nous pouvons retenir John Milton, George Herbert et Joseph Addison.
Parmi les perles qui nous ont été laissées par Addison est un hymne de remerciement, "Lorsque Toutes Tes Miséricordes, O Mon Dieu". Cet hymne apparaît dans tous les meilleurs recueils et il est chanté partout où les hommes et les femmes aiment amener la poésie exquise au service de la louange.
Lorsque toutes tes miséricordes, O mon Dieu
Se dressent devant mon âme,
Transporté par cette scene, je suis,
En amour et louange perdu.L'image qui représente toutes les miséricordes de Dieu étendues sur un vaste paysage est en elle-même suffisamment belle, mais quand nous ajoutons à cela la merveilleuse image de l'âme qui se lève de son sommeil comme coupable pour regarder avec émerveillement vers les spacieuses étendues, et qu'on la voit enlevée et transportée dans les délices de ce qu'elle voit pour enfin redescendre dans la béatitude, "en amour et louange perdu" -- nous avons alors une image mentale qu'il nous faut la musique pour exprimer.
Il continue à chanter ainsi :
Dix mille milliers de dons précieux,
Occupent mes prières quotidiennes,
L'un des plus grands : un coeur heureux
Pour goûter ces dons avec joieNous avons là le véritable esprit de remerciement. Nous comprenons par cela ce qui plait à Dieu dans l'acceptation et l'utilisation de ses dons. "Un coeur heureux pour goûter ces dons avec joie" est le seul coeur qui peut goûter ces dons en sécurité. On relève aussi l'idée que notre dette envers Dieu est si grande que rien d'autre que nos "prières quotidiennes" ne peuvent combler nos coeurs ni plaire à Dieu.
Addison pensait principalement aux dons que Dieu nous confère ici-bas, mais il était suffisamment bon chrétien pour savoir que les dons de Dieu ne s'arrêtent pas au moment de la mort. C'est pour cela qu'il pouvait chanter,
Dans toutes les périodes de ma vie,
Je poursuivrai Ta bonté,
Et après la mort, dans un monde lointain,
Reprendrai ce thème glorieux.C'est en accord avec un tel esprit que ce poète a pu dire à son gendre sur son lit de mort, "Regarde quelle paix un chrétien possède lorsqu'il est en train de mourir".
( Article tiré de This World : Playground or Battleground ?, chapitre 5 )
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