Le chrétien est le véritable réaliste

par A. W. Tozer


Certains penseurs superficiels rejetent les chrétiens comme étant des personnes irréalistes qui vivent dans un monde imaginaire. "La religion", disent-ils, "est une échappatoire, une négation de la réalité. Y adhérer, c'est se réfugier dans des rêves."

En argumentant de cette manière, ils ont réussi au fil des années à perturber un grand nombre de personnes et à créer dans l'esprit des gens un affreux doute concernant la sagesse de la position chrétienne. Mais il n'y a pas de quoi être perturbé -- une meilleure analyse des faits permettra de dissiper tous les doutes et de convaincre les croyants que leurs attentes sont valables et que leur foi est basée sur un fondement sûr.

Si on comprend le réalisme comme étant la reconnaissance des choses telles qu'elles sont réellement, les chrétiens, d'entre tous les humains, doivent être les plus réalistes. Parmi tous les penseurs intelligents, ce sont eux qui s'intéressent plus à la réalité. Ils insistent que leurs croyances correspondent aux faits. Ils réduisent les choses à leur essence primitive et rejetent de leur esprit tout ce qui enfle leur raisonnement. Ils demandent à connaître l'entière vérité concernant Dieu, le péché, la vie, la mort, la responsabilité morale et le monde à venir. Ils veulent connaître tout ce qu'il y a de mal en eux-mêmes afin qu'ils puissent y rémédier. Il y a quelque chose en eux qui refuse d'être dupé, même si l'aveuglement leur permettrait de maintenir leur amour-propre et leur dignité personnelle. Ils tiennent compte du fait indéniable qu'ils ont péché. Ils reconnaissent la brévité de leur vie et la certitude de la mort. Ils ne tentent pas d'éviter ces choses, ni de les modifier pour qu'elles leur conviennent mieux. Ce sont des faits, et ils les regardent en face. Ce sont des réalistes !

Nous qui adhérons à la foi chrétienne n'avons pas besoin de nous justifier. La charge de la preuve se tient avec l'adversaire. L'accusation d'irréalisme peut être portée à l'incroyant avec une logique imparable.

Ce sont les hommes ou les femmes de ce monde qui sont les songeurs, pas les chrétiens. Un pécheur ne peut jamais vraiment être lui-même. Il doit faire semblant toute sa vie. Il doit vivre comme s'il n'allait jamais mourir, tout en sachant pertinemment qu'il doit mourir. Il doit agir comme s'il n'avait jamais péché, tout en sachant, au plus profond de coeur, à chaque fois qu'il commet un péché. Il doit faire semblant de ne pas s'intéresser à Dieu et au jugement et à la vie future, mais dans son coeur il est profondément perturbé par sa condition irrégulière. Il doit maintenir une façade de nonchalance tout en reculant devant les faits et en souffrant des accusations de sa conscience. Les nouvelles d'un ami proche qui est décédé le laissent perturbé, avec l'hypothèse que ce sera lui le suivant -- mais il n'ose pas montrer son angoisse, il doit masquer sa terreur de son mieux et continuer de jouer son rôle. Durant toute leur vie adulte, il doit esquiver, masquer et cacher. Lorsque enfin arrêtent de faire semblant soit ils perdent la tête, soit ils se tournent vers Christ, soit ils se suicident.

( Article tiré de This World : Playground or Battleground ?, chapitre 25 )

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